Vous êtes ici

Donald Trump ou le procès des oligarques occidentaux…

Par Eric Delbecque, Président de l'ACSE

L’élection de Donald Trump va-t-elle bouleverser les équilibres géopolitiques et géoéconomiques mondiaux ? Pour l’instant, nul ne peut le dire. Certes, il a prononcé quelques paroles définitives sur le Russie, la Chine, Daech, les accords commerciaux internationaux ou la politique de sécurité nationale américaine en général ; mais il était en campagne électorale… Désormais, comme président élu, il va être confronté aux réalités du pouvoir. Il convient par conséquent d’être attentif à chaque mesure qu’il prendra et aux ajustements que ses décisions produiront dans le Grand Jeu planétaire. 

 

Ce qui est en revanche d’ors et déjà certain, c’est qu’il a réussi à pulvériser le politiquement correct occidental, entrainant ainsi derrière lui une insigne part du peuple américain. Au-delà de ses outrances, il met le doigt sur la nécessité de revoir quelques « analyses » politiques qui relèvent de l’idéologie, et non pas de la rationalité stratégique. Pour que les choses soient claires, je trouve Donald Trump fort antipathique et le personnage provocateur, sexiste, dragueur de xénophobes et brutal qu’il a composé me déplaît fortement. Mais je ne vois pas en quoi mon sentiment, comme celui des dizaines de millions de gens qui le partagent, aurait un quelconque intérêt pour diagnostiquer ce qui se noue actuellement.

Le talent de ce Républicain marginal au sein des siens (tout au moins jusqu’à présent : lorsque l’on distribue des places, on se découvre des centaines de proches, miraculeusement…) fut de croire en sa fonction tribunitienne : en faisant écho aux perceptions des couches populaires maltraitées par les gagnants de la mondialisation, il a mobilisé à son profit une puissance élémentaire ; cette dernière s’appelle le populisme dans l’esprit des bobos et de l’oligarchie européenne. Si l’on s’exprime honnêtement, froidement, on la qualifie de colère populaire face à un monde qui détruit les plus faibles dans les territoires abandonnés des Etats-Unis. S’ajoute à cela les ravages du multiculturalisme décrits avec minutie par Mathieu Bock-Côté[1].

 

Quant aux thèmes auxquels le succès électoral de Trump nous fait réfléchir, ils sont faciles à lister. Concernant la Russie, il paraît particulièrement évident qu’il faut cesser de traiter Vladimir Poutine comme un barbare infréquentable devant lequel il convient de se boucher le nez… Négocier intelligemment avec lui s’impose comme un préalable à la résolution de dossiers épineux, de nos rapports économiques complexes avec la Chine (cela concerne tout autant l’Oncle Sam que les Européens) à la destruction de Daech. A propos du TAFTA et autres accords commerciaux désarmant les Etats au profit de quelques multinationales, il semble raisonnable de reconsidérer une vulgate libre-échangiste jamais questionnée qui engendre une paupérisation dangereuse de nombreux salariés. Et si l’on souhaite prendre un dernier exemple, citons le rôle des élites ; là encore Trump vise là où ça fait mal : les dirigeants occidentaux ne se préoccupent plus de leurs propres peuples et méprisent ostensiblement les intérêts nationaux… 

S’inspirer de Trump ? Certainement pas. En revanche, l’hyperclasse de l’Union européenne doit prendre rapidement conscience qu’elle sera rapidement emportée par les tempêtes impitoyables de l’Histoire si elles persévèrent dans leur mépris des humbles et la volonté robespierriste de bâtir un soft totalitarisme, « new look », dont la 


[1] Le multiculturalisme comme religion politique (Editions du Cerf, 2016).

 

Quant aux thèmes auxquels le succès électoral de Trump nous fait réfléchir, ils sont faciles à lister. Concernant la Russie, il paraît particulièrement évident qu’il faut cesser de traiter Vladimir Poutine comme un barbare infréquentable devant lequel il convient de se boucher le nez… Négocier intelligemment avec lui s’impose comme un préalable à la résolution de dossiers épineux, de nos rapports économiques complexes avec la Chine (cela concerne tout autant l’Oncle Sam que les Européens) à la destruction de Daech. A propos du TAFTA et autres accords commerciaux désarmant les Etats au profit de quelques multinationales, il semble raisonnable de reconsidérer une vulgate libre-échangiste jamais questionnée qui engendre une paupérisation dangereuse de nombreux salariés. Et si l’on souhaite prendre un dernier exemple, citons le rôle des élites ; là encore Trump vise là où ça fait mal : les dirigeants occidentaux ne se préoccupent plus de leurs propres peuples et méprisent ostensiblement les intérêts nationaux…

S’inspirer de Trump ? Certainement pas. En revanche, l’hyperclasse de l’Union européenne doit prendre rapidement conscience qu’elle sera rapidement emportée par les tempêtes impitoyables de l’Histoire si elles persévèrent dans leur mépris des humbles et la volonté robespierriste de bâtir un soft totalitarisme, « new look », dont la  

Eric DELBECQUE, Président de l’ACSE

Catégorie: